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Les Orques de nos jours
19/08/2008 22:14
Il a déjà été traité plusieurs fois de l'histoire des Orques ; leur origine, comment ils devinrent le plus grand fléau de la Terre, et comment ils chutèrent. Cependant leur chute n'a certainement pas signifié leur extinction et la Horde persiste, malgré qu'elle ne représente plus pour le moment une grande menace.
Quelques temps après leur défaite, les Orques et les Impériaux eurent la chance inouïe de recevoir chacun pour souverain un chef éclairé : Fersac gro'Bagrosh en tant que Chef de la Horde et Théodore Ahenobarbus Domitus en tant qu'Empereur. Celui-ci fit cesser la traque des survivants de la Horde qui résistaient désespérément avec les quelques milliers d'Orques qui leur restaient. L'Empereur conclut alors une série de traités avec le Chef de la Horde.
Selon ces traités, les quelques clans survivants de la Horde doivent être stationnés en Histran, un vaste plateau rocailleux au Sud-Ouest de Grisemur, peu peuplé par les humains. Ils sont ainsi prisonniers de la mer, des montagnes infestées de nains, et de la forteresse de Brisemarch. Selon les accords, les Orques ne doivent pas s'approcher de quelque ville que ce soit. Quelque attaque provenant d'un des neufs clans survivants serait pris pour une reprise des hostilités, et, compte tenu des innombrables crimes de leurs pères, les derniers orques seraient massacrés jusqu'au dernier sans plus aucune chance de rachat.
Telles sont les conditions de la survie des derniers représentants de la Horde. Autant dire que, aussi bien chez les uns que chez les autres, les décisions des chefs sont très fortement controversées. Les Orques ne supportent pas cette humiliation, et si Fersac n'avait pas eu autant de pouvoir, ils se seraient jetés dans le gouffre. Quant à l'Empereur, autant dire qu'il a littéralement sauvé l'espèce, mais son geste n'était qu'un bénéfice accordé au doute quant à la nouvelle génération d'orques au illusions brisées.
Il ne reste plus que neuf clans orques reconstitués à partir des survivants des quatre-vingt dix-neufs, constitués chacun de dix mille orques en moyenne, à l'origine de la Horde. Chacun de ces neuf clans est seulement constitué de quelques centaines de membres chacun, plus précisément cela va de 334 pour le clan Harlowes à environ 1300 pour le clan Murzgob pour une moyenne de 900 guerriers par clan, tous confinés en Histran comme il se doit. Autant dire que ça fait peu. Les Orques étant d'origine nomade, il leur a été très difficile de changer leur mode de vie, et aujourd'hui encore, quelques-uns d'entre eux ne peuvent s'empêcher des escapades sur les côtes d'Arabie. Ils ont du abandonner la chasse et les pillages pour tenter de se mettre à l'élevage et l'agriculture, mais inutile de dire que les raids manquent à tous et que le risque de famine est permanent. La Horde est donc dans un état précaire, et Fersac doit à tout prix trouver une solution pour la pérennité de son peuple.
Voici quels sont les neufs clans de la Horde :
• Le clan Mort'magul, essentiellement constitué d'ogrims montant des rhinocéros, est le plus puissant de tous les clans, et l'un des plus entreprenants en matière de voyages. Lurzgub gro'Bagrosh est leur chef.
• Le clan Harlowes tente de mener une vie sauvage en se rapprochant de la nature, chose jadis impensable pour un orque. Leur particularité essentielle est celle de posséder des meutes de loups. Leur chef est Srassa gra'Bagrosh.
• Le clan Khaztramunt est un peu à part car en partie constitué de trolls. Ceux-ci vivent à l'écart, dans les recoins d'un champ de pierre au pied de la montagne. Erar gra'Bagrosh en est la chef.
• Le clan Garalag'barwul aime la sorcellerie et certains vénèrent encore les démons d'antan. Mais leur chef n'entend rien de tout cela et s'en fiche d'ailleurs pas mal. Il s'appelle Garg gro'Bagrosh.
• Le clan Kerl comporte quelques vieux témoins de la guerre des Deux Cent Ans qui semblent utiliser leur notoriété pour manipuler les Kerls. Leur chef se nomme Megrash gro'Grashak a moins de contrôle qu'il ne le croit sur ses orques.
• Les orques du clan Graam'miom sont de grandes brutes qui élèvent les sangliers de monte et les cochons en grands nombres. Leur chef despotique se nomme Alfegrok gro'Morgol.
• Le clan Irgol, loyal malgré les apparences, ressemble à une troupe de trappeurs perfides. A défaut de vraiment le connaître, des rumeurs circulent sur ce clan taciturne au sein de la Horde. Nehrch gro'Retor en est un chef avisé et réfléchi.
• Le clan Murzgob est un clan orque comme il en comportait jadis des dixaines, constitué de braves guerriers dévoués corps et âme à la guerre, trépignant devant la situation actuelle. Peut-être le seul clan "normal" de la Horde. Leur chef, Golmak gro'Gul, sans être un imbécile finit, en reste néanmoins un bon produit.
• Le clan de Fersac n'a pas de nom, bien qu'il soit considéré comme tel. On l'appelle parfois le "fer de lance" ou juste "le clan de Fersac". Ce clans est en réalité une sélection de quelques-uns des meilleurs guerriers de la Horde choisis par Fersac pour sa garde personnelle. Ce sont en réalité des orques de main recevant directement leurs ordres du Chef de la Horde.
Quant aux hordes de gobelins qui participa jadis à la guerre des Deux Cent Ans, il semblerait que la plupart des survivants se soient désolidarisés de la Horde pour échapper aux humains et se soient enfouis sous les montagnes. Le nombre approximatif de gobelins en cavale n'est pas connu, mais certains prétendent qu'ils sont plus nombreux ensemble que la Horde en l'état actuel des choses. Personne ne sait où ils se terrent, ni ce qu'ils préparent, mais les nains en particulier les redoutent par-dessus tout (sauf les dragons) et certains de leurs guerriers, ne parvenant pas à dormir sur leurs deux oreilles, les traquent encore et toujours à travers toutes les montagnes de l'Empire.
Par ailleurs, il est faussé de croire que tous les orques survivant font encore partie de cette Horde. Très nombreux sont ceux qui, désertant lors de la guerre ou fuyant après la défaite, se sont dispersés à travers tout l'Empire et probablement plus loin encore. De par le fait, on rencontre souvent des orques mercenaires au service de sorciers dans les donjons, de bandes de brigands, de pirates, etc. Certains, même, pourraient paraît-il être croisés au milieu de bourgades comme de simple citoyens comme l'on en rencontre souvent de diverses ethnies plus ou moins connues sans s'en étonner. Bref, un nombre indéterminé d'orques se sont fondus dans le paysages, et il y a fort à parier qu'ils feront désormais partie de la table des rencontres de beaucoup de donjons, et pour un bout de temps.
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Balthazar Soiréponge
18/08/2008 22:09
Ce vieil homme excentrique est un grand archéologue au service de la Confrérie des Mages. Il n'est cependant ni riche ni célèbre, tout simplement parce que les Archimages d'Eaufragile ne le considèrent ni plus ni moins comme un employé très utile. D'ailleurs, il n'a jamais exprimé le désir d'avoir son propre appartement au sein du siège de la Confrérie, et préfère largement son taudis poussiéreux où il se sent vraiment chez lui.
Balthazar Soiréponge est appelé par sa grande amie Narilia Papy. Ce surnom résulte en fait d'un précédent surnom qui lui était donné par ses compagnons alors qu'il travaillait encore en équipe. Ceux-ci l'appelaient Papyrus, à la fois pour son âge et par le fait qu'il était toujours chargé d'un énorme tas de rouleaux de parchemins, constituant ses propres notes, des antiquités, ou des sortilèges.
Car bien qu'ayant dirigé ses études vers la pratique de la magie, Papy n'est pas un très grand magicien, et de par sa nature humaine, il n'est même pas aussi puissant de Narilia. Par conséquent c'est un homme presque sans défense. Cependant, son esprit extrêmement aiguisé et ses connaissances font de lui un homme malin et un agréable compagnon.
De plus, il cache très bien son jeu. Il laisse souvent penser qu'il n'est qu'un vieux fou aux lubies étranges utile à reproduire mécaniquement les gestes qui furent toute sa vie. Cependant il est doté de la même faculté d'observation que Narilia, et il est rare que les ragots que l'on fait répandre à son sujet lui échappent. Il est par conséquent extrêmement doué quant à savoir ce que l'on pense de lui. Parallèlement, il excelle dans son domaine, et bien que les hautes instances du Conseil des Mages ainsi que beaucoup de gens le prennent de haut, nul n'ose jamais remettre ses talents en question. Auquel cas il défie quiconque l'ose de dater une de ses nombreuses antiquités au siècle prêt, de déterminer son utilité, et de deviner quelle est son origine. Ce qu'à peu près personne d'autre que lui n'est capable de réaliser.
Par dessus tout, le vieux a bien plus de pêche qu'aucune jeunesse de sa race. Exceptionnellement bien conservé pour son âge, il est capable d'endurer des heures de marches sans broncher, et a une vivacité d'esprit à mettre sur la touche le plus cocaïnomane des elfes.
Pour ce qui est de son histoire, Papy a, comme la plupart des grands de ce monde, sacrifié sa vie pour son génie. Depuis sa plus tendre enfance, l'humain n'a eu de cesse de déterrer des objets, puis de les analyser sous tous les angles. C'est ainsi que partant d'un lombric au goût terreux il en vint à des épées magiques millénaires, des lance-missiles atlantes ou des fragments de Soleils en passant d'abord et avant tout par des livres. Il était né d'une famille monothéiste, cependant il étudia comme tous ses camarades à l'école de magie. Mais il partit dès son premier diplôme que ses parents lui obligèrent à avoir pour se lancer dans l'alchimie et la mythologie. Il du hélas bâtir lui-même toutes les techniques entourant l'archéologie, puisque ce métier n'est enseigner dans aucune institution officielle d'Eaufragile ou de l'Empire. Des nains lui apprirent certainement une partie de ce qui est aujourd'hui son métier, mais il du lui-même allier l'alchimie, la survie et les connaissances historiques pour devenir ce scientifique mésestimé et utilisé.
Son manque de connaissances en auto-défense l'obligea à presque toujours être accompagné lors de ses voyages, cependant il n'en entreprit que peu impliquant un véritable danger. A partir d'une certaine époque, lorsqu'il commença à réellement travailler pour Eaufragile, il ne faisait même que passer derrière ceux qui s'occupaient de nettoyer les donjons.
Seulement le temps fila aussi vite que le vent, et, bien que toujours vigoureux, il finit par se refermer sur lui-même et ne plus se consacrer qu'à de minutieux travaux d'analyse, cloîtré dans sa petite caverne d'Ali-Baba, au beau milieu du tumulte et du désordre d'Eaufragile.
De très nombreuses passèrent ainsi. Non pas qu'il était malheureux de sa vie actuelle qu'il considérait comme riche et douillette, riche dans le sens où il avait toujours quelque chose d'intéressant à faire. Mais au fur à mesure, il sentait qu'il avait envie de changer d'aire, et il avait la sensation de passer à côté du meilleurs de lui-même.
Désormais, il comprend que le mieux qu'il puisse faire pour lui-même, et la meilleure chose qu'il fera de toute sa vie, c'est réaliser le rêve de découvrir un véritable trésor millénaire d'une valeur inestimable et d'un pouvoir divin, avant de rendre son dernier souffle. Voilà pourquoi il s'est immiscé dans La Quête de Midas.
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Cyprius Ricochet
17/08/2008 21:55
Cyprius Ricochet est un elfe noir au service de la Guilde des Voleurs. C'est un agent d'élite qui a l'oreille et la confiance du maître de la guilde lui-même. Cependant, par son tempérament colérique et belliqueux, le missions qu'on lui assignent généralement sont celles qui s'écartent de l'ordinaire.
En principe, la Guilde des Voleurs est une organisation relativement pacifique qui se contente uniquement de de s'infiltrer chez les riches et de dérober leurs richesses. Cependant, il arrive a la guilde d'avoir soit des tuyaux concernant certains donjons, soit quelques autres missions spéciales impliquant l'élimination de chanteurs un peu trop loquaces ou d'ennemis directs des protégés de la guilde. Mais ces travaux à part sont tout ce qu'il y a de plus officieux, même au sein de la confrérie. Cette mise en abîme du secret fait de Cyprius un être particulièrement mystérieux quant à la manière dont il mène sa vie.
Son existence toute entière est cernée par le secret, car c'est non seulement un voleur notoire, mais très probablement aussi un assassin, vu le plaisir avec lequel il saigne ses adversaires. Son lieu de résidence, ses proches ou ses talents sont soigneusement dissimulés. Son nom lui-même est fabriqué de toute pièce. Cependant, rien n'indique qu'il soit un être maléfique. Au contraire, il semble à la perfection adapter son tempérament à un comportement relativement moral si on n'observe non pas uniquement les faits mais les motivations qui y poussent.
Par ailleurs, le simple fait de vivre à ses côtés quelques temps peut lever le voile sur un grande partie de sa personnalité.
Ainsi, Cyprius est un elfe de parole, car ce qu'il dit, il le fait, avec fermeté et détermination. Il connaît aussi bien la langue impériale que s'il était né avec, bien que l'on sache qu'il est originaire de Sanglebruine, la capitale des Elfes Noirs. D'ailleurs, en tant que voleur, sa verve est soignée et éloquente, ce qui lui permet souvent d'obtenir ce qu'il désire par de simples jeux d'esprit.
Mais ce talent est fragile, car l'elfe a par nature un sang bouillonnant, et que les choses ne se passent pas comme il le désire peut le mener tout droit à une colère tonitruante. Par extension, Cyprius est rapide, précis et très expérimenté. Il constitue donc un adversaire redoutable, et personne ne semble connaître la limite de son potentiel car personne ne semble jamais l'avoir vu en difficulté lors d'un combat.
La vie qu'il mène actuellement semble le satisfaire, et ne paraît pas avoir de projets particuliers pour l'avenir. Clandestinité, vol, aventure, or, pouvoir, meurtres stratégiques et sans le moindre problème de conscience... Cyprius se considère comme quelqu'un d'heureux, avec une vie à la fois aisée et mouvementée, sportive et pavée d'autosatisfaction.
Réfléchi, passionné, puissant et mystérieux, Cyprius est l'elfe idéal pour diriger l'expédition en route pour le Palais de Midas.
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La Quête de Midas XIV-1 - Escarmouche Côtière
16/08/2008 21:41
S’étant précipitamment rhabillée, Narilia fonça sur le pont. Le navire était non loin de la côte, à proximité de récifs. L’équipage courait dans tous les sens, transportant des tonneaux, faisant rouler des canons, passant des armes de jets, des armes blanches, et des armes à feux de mains en mains. Il régnait sur le navire un véritable fourmillement au milieu duquel, impassible, Le capitaine McTurtîle gueulait des ordres.
- Virez de bord ! A vos postes de combats ! Chargez les canons et les arquebuses ! Et virez de bord, bon sang ! Toi, là-bas ! va me chercher l’elfe noir ! Qu’il ramasse ses combattants !
- Oui cap’taine !
Narilia n’avait pas immédiatement saisi l’expression « ramasser ses combattants » Elle comprit qu’elle s’en trouvait quelque peu justifiée lorsqu’elle aperçut les Chasseurs de Dragons au complet agrippés à la balustrade de tribord. Ils lançaient des cris d’intimidations mêlés de rage et de joie à l’adresse du navire surgissant de derrière un récif pour barrer la route à l’Estafilade, sur lequel les pirates adoptaient plus ou moins la même attitude.
Le capitaine arriva près de Narilia et déplia sa longue vue pour tenter d’apercevoir le capitaine du bateau. Puis, se parlant à lui-même, il marmonna :
- Pfff. Aussi misérables que des mendiants et aussi sales que des orques. Tiens, d’ailleurs y’a des orques avec eux. Qui se ressemble s’assemble… Ah ! voilà ! Barbaque Barbenflamme !
- C’est leur capitaine ?
- Ouais. Une véritable armoire à glace, tant physiquement que mentalement. C’est une brute épaisse qui ne mène sa vie que par la force brute. En fait, son vrai nom, c’est Michel Leroux. Un crétin depuis sa plus tendre enfance. D’ailleurs, j’ai encore des comptes à régler avec lui. Oh ! Le bâtard !
- Quoi ?
- Ce goujat m’a fait un bras d’honneur ! s’exclama McTurtîle, outré.
Il sortit deux pistolets de son manteau et, les yeux écarquillés, rejoignit les nains.
Cyprius et le reste de la compagnie, excepté Papy qui devait certainement s'être barricadé dans sa cabine, arrivèrent aux côtés de Narilia.
- Tu devrais rentrer petite, dit Sammo.
- Je crois que c’est parti, dit Corvus de sa voix calme.
Les nains, au comble de l’hystérie, s’étaient emparés des canons et le navire, ayant viré de bord, ne tarda pas à être en position de tir. La bataille navale s’engagea alors avec un tir quasi-simultané des deux bateaux.
Les premiers boulets des pirates tombèrent à l’eau alors que deux des nains firent mouche dès le début.
- Haha ! s’écria Mori. Vous n’vous attendiez pas à tomber sur plus fort que vous, hein ? Ca vous nique, hein ? Ca vous nique !
Les tirs s’échangèrent ainsi entre ceux qui possédaient des armes à feux ou de jet. Les canons des nains firent de beaux dégâts et les pirates ne semblaient pas être à la hauteur à distance.
Cyprius, grâce à son arbalète, tuait un ennemi presque une fois sur deux, tandis que Corvus et Sammo lançaient consciencieusement des boules de feu.
Lili courrait à travers le navire pour lancer un peu partout des sorts de protection et seul Christian, épée et bouclier en main attendait, les jambes arquées, en traitant les pirates de lâches.
Les nains décimaient les rangs des pirates avec une efficacité affolante. Mais l’équipage de l’Estafette n’était pas le seul à tirer, et déjà, quelques marins tombaient, atteints par des carreaux ou des balles. Certains boulets décrochaient des morceaux du navire et emportaient des matelots, ou seulement des bustes de matelots.
Poussés par le vent, les deux navires continuaient à avancer, et, n’étant pas parfaitement parallèle, ils finirent pas se toucher. Narilia pu alors apercevoir alors quel monstre était leur capitaine. Une montagne de muscles et de graisse, édenté par le scorbut. Sa peau couverte de poils roux était rougie par le soleil et l’alcool. Il portait quelques affreuses cicatrices dont une l’avait rendue borgne, mais il ne s’embarrassait pas d’un quelconque bandeau ou œil de verre. Il portait également une barbe clairsemée et ébouriffée. Cet homme qui ne semblait pas briller par son intelligence ne s’avoua pas vaincu et, bien que désormais en infériorité numérique à cause de l’équipe de Mori, il hurla de sa voix brutale :
- A L’ABORDAAAGE !
Criant et riant de façon sadique (pour la forme), les forbans se jetèrent sur le pont ennemi avec des cordes.
L’un d’entre eux atterrit juste devant Narilia et affiche un air abominablement lubrique en l’apercevant. Il est assitôt éventré d’un simple geste par Christian.
- Fais attention à toi, conseille-t-il, avant de se jeter à corps perdu dans la bataille.
L’elfe se remémore quelques sorts et décide d’en jeter quelques-uns aux bandits les plus proches. L’un a alors la culotte qui prend feu tandis qu’un autre décède d’une gelure au cerveau.
Tandis que les matelots se défendent à la rapière ou au sabre et que le capitaine, bien que handicapé à cause de sa jambe, fend la foule de son sable de manière incroyablement virtuose, la compagnie d’explorateurs n’est pas en reste. Sans même dégainer sa propre arme, le panda frappe minutieusement chaque adversaire avant de l’envoyer valser par-dessus bord. Imitant Sammo, Corvus joue d’une main et de ses deux pieds, et les pirates qui sont à proximités n’ont pas le temps de dire « s’il vous plaît » qu’ils embrassent déjà le plancher.
Mais lorsqu’il voit la vie de son bras défiler devant ses yeux, il utilise son second au bout duquel il brandissait son bâton flambant neuf orné d’une lame. Les gueux ont à peine le temps d’apercevoir une lueur que du sang jaillit de leur visage fendu en deux.
Cyprius et Lili, dos à dos, contiennent tellement de monde à eux seuls que certains matelots s’en trouvent désoeuvrés et ne frappent qu’en de rares occasions dans le dos d’un pirate trop occupé pour faire attention à eux. Cyprius se rit à haute voix des pseudos talents de bretteurs de ses ennemis, et s’amuse à les égorger pour leur montrer à quel point il a raison. Lili, quant à elle, reste concentrée.
Le reste des nains réservaient une surprise à leurs amis les flibustiers. Fidèles à leurs valeurs, ils avaient lâchés leurs fusils et avaient dégainé des haches et des hachettes. Ils faisaient ce qu’on appelait dans le jargon militaire nanesque, du « ménage » parmi les pirates qui ne cessaient d’affluer en nombre sur le navire.
La situation échappe à Barbaque, le chef des pirates. Il ne s’attendait pas à ce que McTurtîle dispose de guerriers si expérimentés. Il va falloir s'enfuir. Mais avant...
De son côté, Narilia ne tarde pas à se retrouver nez-à-nez avec un grand humain particulièrement musclé, affichant un air avide sur l'elfe qui constituait en elle-même un butin selon sa propre considération. Prise de peur et épuisée par son utilisation intensive de la magie, elle saute précipitamment en arrière. L'homme dégaine deux cimeterres et les fait tourner ostensiblement autour de ses poignets, puis il avance patiemment vers la jeune elfe.
Resté sur son propre esquif, Barbaque Barbenflamme se précipite sur un des canons, qu'ils entreprend de charger.
Narilia ne tarde pas à se trouver acculée à la rambarde. Une seule issue : la hauteur. Elle lance un sort qui la propulse quatre mètres dans les échelles de cordes. Elle monte vers la vigie mais le gros pirate est agile et grimpe frénétiquement.
Le capitaine Barbaque vient de finir de charger ; de ses bras phénoménaux, il soulève le lourd canon d'acier.
Narilia, a bout de souffle, a presque atteint la vigie. La brute continue son ascension, la visage tordu par une expression horriblement perverse.
Barbaque pointe son arme en direction du capitaine McTurtîle.
Le pirate lui saisit le cheville.
Barbaque tire.
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La Quête de Midas XIII - La Sirène
15/08/2008 23:10
La première semaine passa à peu près comme l’avaient prédit les nains : elle fut terriblement plate. Les moins chanceux d’entre eux avaient le mal de mer ; Gluli en était le plus atteint et vomit un jour sa bière, à son plus grand désarroi. Les membres de la compagnie passaient leur temps à boire, jouer aux cartes ou aux dés, et quelques-uns à lire. Les nains, d’ordinaire très actifs, tournaient en rond comme des lions en cage, cherchant sans arrêt quelque chose à faire. Certains, parfois, s’asseyaient non loin de la barre et observaient sur le pont l’équipage au travail. On aurait dit qu‘ils les enviaient.
L’Estafilade avait depuis quelques jours déjà franchi le cap de l’Alliance, nommé ainsi car par lui se rejoignaient presque le Nord et le Sud des terres de l’Empire. Le cap était flanqué de deux phares que l’on pouvait apercevoir de part et d’autre de la mer, signifiant ainsi que l’on entrait (ou sortait) de la Mare Nostrum. Et cela permettait aussi aux navires de ne pas s’échouer sur les rivages durant la nuit. Ayant ainsi passé outre, le galion s’apprêtait à entrer pour de bon dans l’Océan Atlantique. Mais auparavant, le capitaine McTurtîle désirait faire une escale à Tymbale, une ville des côtes arabes de l’Empire, afin de faire une dernière fois le plein de provisions pour le voyage. Il avait alors donné l’ordre de se rapprocher des côtes.
Ayant été annoncé que le navire referait bientôt le plein d’eau, Narilia en profita pour prendre un bon vrai bain en passant outre les règles de ration de l’eau. Dans la cale, près des tonneaux d’eau, elle remplit d’eau un bac avec un coup de main de Lili, et chauffa l’eau avec un sort simple.
- Bon, ben je te laisse ! A plus tard, dit Lili en sortant.
La jeune elfe se dévêtit et se plongea avec allégresse dans l’eau chaude. Elle goûta alors pleinement à sa solitude, à son moment d’intimité, plutôt rare sur un navire. Résistant à l’envie de se laisser aller au sommeil, elle se leva et entreprit de se savonner lentement. Elle passa le petit bloc de savon sur ses bras, puis sur ses épaules avec douceur, paresseusement, pour faire durer cet instant qu’elle estimait trop rare durant le voyage. Elle débarrassa son corps de l’air marin qui irritait sa peau sensible. Son corps, qui, nu à la lueur de ce seul chandelier, aurait été diablement sublime aux yeux de quiconque l’aurait vu en cet instant. Ce dos voluptueux, ces épaules fines et puissantes, ce ventre parfaitement musclé, ses hanches généreuses, ce corps enfin, toujours dissimulé par ses robes, aurait tenu béat n’importe quel personne quelle qu’en soit sa race. Un peu comme Cyprius à cet instant même.
La mâchoire pendante, la tête en avant, les épaules basse, l’air incrédule, le cerveau de l’elfe noir semblait avoir soudainement fait grève. Lorsque Narilia se retourna, insouciante, elle sursauta.
- Cyprius !
Elle se rassit précipitamment dans le bac pour se dissimuler dans l’eau. Réactivant ses fonctions neuronales, l’elfe noir reprit un air dignement confus et détourna la tête.
- Oh ! Narilia, je suis désolé… Je ne savais pas que tu étais là. Personne ne m’a dit… J’étais descendu pour boire… Mais je vais chercher un tonneau ailleurs.
- C’est pas grave, ne t’inquiète pas. C'est juste que tu m’as juste surprise.
- Désolé, dit-il en s’en retournant à grand pas sans plus oser lui adresser de regard.
Elle n’eût pas le temps de terminer de son bain qu’un nouvel importun surgit dans la pièce. L’elfe replongea dans son bac et constata presque avec déception que c’était un matelot brun, plutôt grand, et surtout très agité.
- Oh, excusez-moi mademoiselle, dit-il précipitamment.
Elle n’eût pas le temps de répondre qu’il fut bientôt suivit de quatre de ses collègues, et ils foncèrent tous les cinq vers les tonneaux de poudre, au fond de la cale. Puis Narilia pu ouïr que la cloche sur le pont se mit à retentir. Soudainement paniquée elle demanda :
- Qu’est-ce qui se passe ?!
- Les pirates, répondit un marin, le visage tordu à la fois par la concentration et par la peur.
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Narilia Dolwing
15/08/2008 18:05
Narilia Dolwing est une jeune haute elfe mince et plutôt petite pour sa race. Elle est bibliothécaire à la Grande Bibliothèque Magique d'Eaufragile et se passionne pour l'histoire et les mythes. Ainsi, dès qu'elle en a le temps, elle dévore tous les bouquins qui lui tombent sous la main, ce qui fait d'elle une quasi-érudite à seulement une quarantaine d'années, et va au théâtre pour critiquer ouvertement le manque d'exactitude des scènes mythologiques qui y sont représentées.
Elle n'aime pas l'alcool, surtout celui des siens car il est particulièrement fort. En fait, elle a de manière générale peur de ce qui est fort. Le tabac l'irrite et la violence l'effraie, les fêtes la mettent mal à l'aise et la musique trop forte l'incommode. C'est donc une jeune fille réservée et plutôt timide, qui a plutôt tendance à s'effacer en présence de gens qu'elle de connaît pas. En parallèle, c'est une elfe douce, pertinente dans ses observations, et surtout d'une intelligence insoupçonnée. Mais contrairement à la plupart de ses hautains semblables, elle ne s'en vante pas particulièrement. Cependant, elle a une tendance naturelle à la confiance et à la gentillesse, voir même à l'affection, ce qui est, selon Cyprius l'elfe noir, un défaut aberrant.
Narilia grandit vingt années durant au sein de sa famille à Sylvelain. Sa famille, plus nombreuse et plus unie que la plupart de celles de la Sylvie, était mêlée d'artistes, d'artisans et d'agriculteurs. Le travail, sans être très pénible, leur permettaient de gagner suffisamment pour être à l'aise. Ainsi Narilia de manqua jamais de rien et pu s'adonner toute entière à ses études littéraires après avoir laissé tomber le plus tôt possible les cours d'approfondissement de ses pouvoirs magiques naturels.
Un jour, las de sa vie morne, elle fut soudain prise d'une envie maladive de voyager, ce qu'elle fit en remontant le Gondhyglar et le Malemol à travers la Source de Cristal jusqu'à Aldarcanum. Elle y rejoignit sa soeur qui y tenait une joaillerie. Elle y vécut quelques temps en travaillant dans une librairie et chercha un nouveau maître qui puisse lui donner des cours de théologie, mythologie, histoire, etc. Mais elle finit par se rendre compte que les elfes en eux-même n'étaient pas aussi savants qu'ils le prétendaient. Forcément, lorsqu'on est doté de jeunesse éternelle, on ne fait pas nécessairement beaucoup d'efforts pour se cultiver, contrairement aux races à la longévité courte. Elle comprit que les livres seraient son meilleurs allié dans ce cas.
Un beau jour, sa soeur lui annonça qu'elle partirait pour l'Empire, dans le monde des humains, afin de créer un filière qui exporterait à l'étranger, et aussi pour découvrir les arts magiques et les gemmes des impériaux. Narilia savait que l'humanité était une des races les plus curieuses et les plus avides de connaissances, et qui mettait un point d'honneur à accumuler et à conserver les connaissances à travers leurs nombreuses générations. Narilia accompagna donc sa soeur et son beau-frère dans leur long voyage. Ils traversèrent la Sylvie, franchirent le périlleux Portail Blanc, et descendirent petit à petit la vallée de l'Albe en longeant les Perçaurores. Leur quête commune finit par les conduire naturellement à Eaufragile, où ils s'installèrent dans deux maisons distinctes.
Les années qui suivirent, Narilia mena une vie aussi paisible que l'on pouvait à Eaufragile en prenant quelques cours chez les humains, puis en s'engageant comme bibliothécaire au service de l'illustre Ordre des Mages, l'organisation des humains régissant la magie dans l'Empire ; organisation sans laquelle la pratique de la magie serait chaotique, excessive, ou inexistante. Elle rencontra, lors d'une course, Balthazar Soiréponge, alias Papyrus, alias Papy, un vieil archéologue considéré comme à moitié fou par les autorités, mais dont les services s'avéraient très précieux. Par leur intérêt commun pour les mystères et les vieilleries, ils devinrent les meilleurs, mais aussi les plus étranges amis du monde.
Ce que Narilia n'osa jamais s'avouer, c'est que si elle était ainsi passionnée par les faits historiques et mythologiques, par les énigmes et les épopées, c'était parce qu'elle ne rêvait que d'en vivre. Mais sa réserve l'empêcha toujours de faire le pas et d'oser partir à l'aventure. Elle partageait d'ailleurs ce profond regret avec Papy.
Elle participe désormais à La Quête de Midas.
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